Retour à la tombe

J’ai effectué un retour à la tombe puisque la neige à cesser. J’ai pu aller caresser le marbre froid qui tarde encore à se réchauffer par le manque de soleil. Comme j’aurais aimé les réchauffer de mes bras comme avant… comme il y a plus de trente ans. Il y a de ces gens que l’on ne peut oublier durant notre vie. Pour moi, cela aura été mes grands-parents.

J’étais une des seuls petits-enfants qui allait leur rendre visite presque quotidiennement. J’étais très attaché à eux. Leurs amour me manque tant, leurs sourires, leurs voix, leurs regards. Si j’y vais, c’est parce que leur nouveau endroit me calme, apaise mes angoisses comme si mon grand-papa et ma grand-maman m’étreignaient encore une fois.

J’ai l’impression de ressentir leurs présences lorsque j’y suis. Lorsque je ne vais pas bien, j’aime m’y réfugier, un peu comme la forêt. C’est un endroit tranquille, avouons-le. Je ne me fais déranger que pars quelques passants visitant les leurs avec un signe de tête, rien de plus. Lorsque j’ai beaucoup de peine à l’intérieur de moi et trop de souffrance, j’apporte un carnet pour écrire et un café pour boire, puisque je peux y rester longtemps.

Est-ce que je crois à la vie après la mort… je ne sais encore dire. Je sais qu’ils me visite en rêve parfois… ils sont beaux. Je crois que j’ai peur d’avouer qu’il peut y avoir quelque chose après notre dernier souffle. Face à l’inconnu, les êtres vivants ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas. Avec l’éducation Judéo-Chrétienne reçu, nous sommes supposés croire à la réincarnation, à une vie après la mort. La seule vérité est que je me questionne beaucoup sur le peu de connaissance que nous pouvons avoir sur ce sujet. Je ne connais point personne qui est revenu et m’a dit qu’il était bien ou pas bien. En fait, parfois j’aimerai connaître… est-ce vrai que la douleur s’apaise une fois de l’autre côté ?

Je pense à la mort, certes… je suis déprimée et c’est un état normal dans ma situation.

  • Lorsqu’un jour je serai rendue à mon dernier souffle, aurais-je toujours ces douleurs qui sont miennes ?
  • Aurais-je le droit de voir ma petite famille d’où je serai ?
  • Est-ce que l’on doit tout pardonner avant de mourir ?
  • Est-ce que l’on doit être résilient avec notre vie avant de rendre l’âme ?
  • Où va-t-on ?
  • Que fait-on ?
  • Comment aider nos proches, ceux que l’on aime plus que tout ? 
  • Peut-on encore les toucher, les humer, les caresser, une fois passé ?

Je ne me souviens plus si c’est ma psychologue ou mon infirmière praticienne mais je crois que c’est la dernière nommée qui m’a parlé de mes idées suicidaires. Elle m’a dit que lorsqu’une personne souffre trop émotionnellement parlant, le cerveau cherche à générer des solutions. L’une d’elle peut être le suicide. J’en parle ouvertement même si ce sujet est encore très tabou dans notre société. Je sais que cette ‘’solution’’ que m’offre mon cerveau n’est pas une vraie solution. C’est seulement une idée pour faire taire les douleurs physiques et émotionnelle. C’est pourquoi j’ai dû entreprendre une thérapie, qui sera longue. Mais vais-je continuer si cela me rend ainsi ? Je me questionne…

Dire que l’on pense à la mort, dire que l’on pense au suicide n’est pas acceptable dans notre société. Ces gens-là sont souvent perçus comme étant des faibles, tout comme ceux étant en dépression. Mais en fait, nous ne pouvons juger du cheminement de chacun, puisque nous ne connaissons pas leur chemin.

Étrange texte que celui-ci, je sais mais ça va… c’est difficile mais ça peut encore aller. Dans le sens ou je ne fais que me questionner.

  • J’aimerai savoir si je suis seule à avoir déjà pensé à cela ?
  • À quand n’est-ce plus normal de penser à cela ?
  • Diverses autres solutions existent pour réduire la douleur mais pourquoi parfois cette idée revient-elle forte sans pour autant passer à l’acte.
  • Pourquoi doit-on souffrir des erreurs des autres ?
  • Pourquoi est-ce qu’ils m’ont choisi ?
  • Pourquoi est-ce qu’ils n’ont pas pensés à comment cela me détruirait ?

Ils n’ont même pas pensé que mes idées de mort pourraient être relié directement à eux, à ma souffrance engendrée par eux.

  • Et si, je leur écrirais une lettre pour leur dire comment ils m’ont détruit, salie, humilié ?
  • Et si, malgré mes efforts en thérapie, je n’arrive pas à me défaire de cette idée ?

J’aurais alors prise la place d’une autre personne qui aurait pu être aidée. Prendre la place d’une autre personne, cette peur me suit de près. Ne pas sentir que je suis importante et que je n’en vaut pas la peine. Me sentir complètement coupable pour un tout et un rien. Me sentir coupable d’écrire ma vie, mes ressentis. Et si ici, je me laissais justement cette chance d’être moi et de dire comment mal ils m’ont fait. Comment je me sens mal dans mon corps jusque dans mes pores de peau. Que chaque respiration que j’insuffle, je ressens douleur et tristesse. Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui j’ai tant envie de pleurer et je me sens si déprimé ?  

Je n’aime pas, je déteste me sentir ainsi, nulle, impuissante, name it !  

Émilie-Rose. R., projet résilience 2021© memoirestraumatiques2021.wordpress.com 

Vous êtes

Vous êtes adolescent, homme à devenir, homme  

Vous êtes mes porte-bonheurs, mes rayons de soleil lorsque ma vie devient plus sombre.  

Vous êtes mes bonheurs, mes amours 

Vous êtes mes plus grandes réussites, mes plus belles fiertés 

Vous êtes ce que j’ai et j’aurais réussi de meilleur dans ma vie 

Vous êtes, vous avec votre propre identité, vous êtes magnifiques à voir 

Vous êtes ma famille, mon clan 

Vous êtes mes précieux 

Émilie-Rose. R., projet résilience 2021© memoirestraumatiques2021.wordpress.com 

Les deux questions de ma psychologue

Il y a plusieurs jours, ma psychologue m’avait demandé deux questions. J’avais écris ce texte la veille de notre dernier rendez-vous car je n’étais pas capable de répondre. Je ne sais toujours pas si je redéfinirais mes mots, mes pensées mais ce sont les réponses qui m’avait venu à l’esprit.

Je vous présente les deux questions, qui n’ont pas été facile à répondre et qui me laisse toujours en questionnement. Peut-être y ferais-je une suite, qui sait ?

Concrètement, ça veut dire quoi mieux vivre avec soi-même ? 

On pourrait s’en apercevoir comment au quotidien ?  

Il y a une semaine que je songe à ces deux questions. Ces questionnements n’ont pas encore obtenus réponse de ma part. La première journée, je me suis répondu ceci : 

— Je n’en sais foutrement rien !  

En fait, je crois que ces questions m’avaient un peu choqué intérieurement. De pars certains mots. La deuxième journée, pareil. Puis vient la troisième et la quatrième puis ainsi de suite, la même réponse me venait. C’est à une journée de mon prochain rendez-vous que je dois répondre à ces questions et pour se faire, j’ai choisi de me laisser aller par l’écriture. Voir, ou tout ça pourrait me mener… 

Je ne sais pas si concrètement vivre avec soi-même veut dire plusieurs choses ou une seule. Je ne sais toujours pas si dans le concret, la vision que j’ai est la bonne. J’aimerai être en santé et retourner au travail. Pouvoir travailler comme tous les gens que je connais. Ils semblent si heureux au travail. Du moins, pour certains. D’autres aimeraient mieux être en arrêt comme moi. Je trouve cela inimaginable. Si je ne travaille pas, j’ai de bonnes raisons et valider par des médecins. Alors, pourquoi vouloir ne pas travailler comme moi ? Je ne comprends pas l’être humain comme j’aimerais le connaître.  

J’aimerai être plus en santé afin de pouvoir être plus autonome et ne pas dépendre de personne. Autant financièrement que le reste. Je trouve cela très difficile. C’est vrai, en fait, lorsque nous rencontrons une personne, il est rare que l’on demande : qu’est-ce qui te rend heureux dans la vie ? Mais plutôt, que fais-tu dans la vie ? À cette question, je me sens imposteur, je me sens mal, vraiment mal. Je sais que le fait de ne pas travailler est dû à des raisons importantes mais je me sens à part, à l’écart de la société ou de l’individu qui me pose cette question. Donc, pouvoir travailler quelques heures ferait de moi, une vraie personne. Mais encore… pour cela, faut-il travailler cinquante heures semaines pour se considérer comme les autres ? Je crois que je répondrai, oui à cette question. Par contre, je sais que je ne répondrai pas la même réponse à une personne qui me demanderait. 

Il m’a fallu me découvrir pour m’apercevoir qu’au quotidien, je pouvais m’en sortir sans travailler et être heureuse. De par les petits riens des autres, moi, j’en fais des vrais bonheurs. J’ai dû me donner l’aval d’être heureuse malgré le fait de ne pas travailler. Je ne suis pas heureuse à 100% mais j’espère y arriver. J’espère arriver à m’aimer, me donner ce droit d’être simplement moi et de m’aimer ainsi, comme je suis. C’est peut-être cela mieux vivre avec soi-même autre que de faire partie prenante d’une société travaillante. Je crois que je peux me réaliser malgré tout. Je rêve peut-être… je ne sais pas.  

Vivre avec soi-même dans le quotidien, dans le concret, c’est simplement accepter ses bas et ses hauts. C’est d’accepter que l’on n’ait pas toujours à être heureux, ni gentil avec les gens. Que l’on peut refuser quelque chose sans penser que l’on ait blesser une personne. Que l’on peut simplement profiter de l’instant présent. J’aimerai pouvoir vivre plus ainsi. Je vis souvent dans l’avenir avec beaucoup d’appréhension face aux gens, face à la vie. J’ai peur de tout ou presque. J’estime être la personne qui a inventé la catastrophisassions. J’aimerai cesser cela, j’aimerai vraiment énormément et cesser les ruminations. Simplement, vivre.  

J’aimerai cesser les ruminations qui sont obsessionnelle dans mon cas. Je pense souvent au scénario qui pourrait arriver de pire. J’amplifie les risques réels de bien des choses. Je me sens impuissante par moment. J’évite, je fuis au lieu de relativiser le tout. J’ai peine à comprendre comment mon cerveau fonctionne et de m’expliquer que de laisser débarrer la porte, ne risque pas de me faire agresser ou violer. J’ai peur de tout, des gens dont je n’accorde pas facilement ma confiance. Je préfère un cercle très limité dans mes contacts. Je crois que cela m’aide à garder un certain contrôle sur moi, je crois… je ne suis pas certaine.  

J’aimerai vivre plus librement psychologiquement parlant et j’espère y arriver avec l’aide de Madame Psy et Madame Plante.  

J’aimerai panser mes blessures et passer à autre chose. Ne pas passer ma vie dans des bureaux de psy. Je suis prête à faire des efforts, j’espère y arriver mais j’ai toujours un doute sur moi, dans tout. Je suis fatiguée d’être ainsi, très fatiguée par moment. J’aimerai apprendre à m’aimer et faire confiance en la vie et aux autres.  

Voilà. 

Émilie-Rose. R., projet résilience 2021© memoirestraumatiques2021.wordpress.com